Il n’y a pas de sots métiers !

Vous avez certainement déjà entendu cette expression dans la bouche d’un ancien : il n’y a pas de sots métiers! C’est ce que l’on dit souvent aux jeunes qui entrent dans la vie active et commencent leur carrière par un métier manuel difficile. On le dit aussi à ceux qui s’orientent vers un métier jugé inférieur socialement ou en dehors des codes établis. Ces métiers sont souvent dévalorisés dans l’inconscient collectif malgré leur rôle prépondérant dans la société.

La définition d’un sot métier

Un sot métier est un métier qu’il serait une sottise de faire. Cela voudrait donc dire que cela serait une erreur de se lancer dans cette voie professionnelle. Cette manière de penser pose la question de nos références. Quelles sont ces métiers de référence ? Qui décide que tel ou tel métier soit mieux perçu qu’un autre ? Lorsque l’on recherche un nouvel emploi, la priorité est de gagner de l’argent pour subvenir à ses besoins. Dans ce cas, le regard des autres ne devrait pas nous importer.

En fait, tout cela nous renvoie à l’échelle sociale instaurée il y a des siècles dans la société française et qui est largement entretenue depuis dans le système éducatif où la voie royale reste celle des professions intellectuelles. Le personnel enseignant contribue à maintenir cet état de fait en marginalisant les possibilités d’orientations vers des métiers jugés moins prestigieux.

Dans la réalité, il faut se placer au niveau de chaque individu. En travaillant, chacun recherche deux buts : gagner de l’argent et s’épanouir. L’épanouissement n’est pas forcément intellectuel dans la recherche d’une innovation ou de l’accomplissement d’objectifs complexes. Il peut aussi être beaucoup plus simple en satisfaisant des clients avec un service de qualité. D’où l’importance de la citation : il n’y a pas de sots métiers. Le sot métier est dans l’esprit de celui qui critique et non de celui qui le pratique, qui, lui, se sent utile à la collectivité.

Sot métier
Dans la vie, il n’y a pas de métier sot.

Il n’y a que des métiers utiles

Si le monde du travail peut-être rude, le milieu scolaire qui le précède l’est encore plus. En fixant des échelles de valeur, il contraint les aspirations et réduit le champ des possibles. Il enferme notre société dans des schémas préétablis qui n’offrent pas une place à tout le monde sur le marché de l’emploi. Il est toujours sidérant de voir le nombre exponentiel d’étudiants qui échouent dans la filière d’histoire de l’art à l’université alors que les emplois en sortie de formation sont très limitées. Et à l’inverse, le système n’encourage pas les jeux vers les métiers du bâtiment alors que ceux-ci manquent cruellement de main d’œuvre.

Chaque métier répond à un besoin précis et a donc une utilité pour la société. Bien des métiers réputés sots offrent une sécurité de l’emploi que des métiers plus valorisés ne permettent jamais d’obtenir. Par exemple, on dit souvent que les métiers de technicien de surface ou d’éboueurs sont sots. Mais c’est une hérésie. Si personne ne travaillait à la propreté de nos espaces, la situation serait invivable. Ce sont donc pas de sots métiers, mais plutôt des métiers difficiles et indispensables. La difficulté est que les personnes qui occupent ces métiers n’ont jamais l’occasion de défendre leur profession. Ils n’ont pas voix au chapitre.

En fait, la citation « Il n’y a pas de sots métiers » est plus large que cela. Elle est attribuée à l’érudit français Le Roux de Lincy qui au début du 19e siècle dit : « Il n’y a pas de sots métiers, il n’y a que de sottes gens ». Certains trouvent que ce genre de proverbes complètement obsolètes. En réalité, ils trouvent un écho intéressant dans la période actuelle.


Vivre sa vie et accepter de faire un métier jugé sot

Chaque personne devrait avoir le libre choix de décider de son destin sans avoir à subir le jugement malveillant de la société. Il y a des pays où les gens n’ont pas le droit d’exercer certains métiers. En France, cette liberté existe et c’est un privilège dont il faut pouvoir profiter sans se poser de questions existentielles.

Le fait de juger qu’un métier soit sot ou non ne regarde que la personne qui porte ce jugement de façon unilatérale. Prenez votre indépendance et faites ce que vous avez envie de faire. Il faut vivre sa vie et non celles des autres !

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Christophe

Christophe

Rédacteur en chef de Futur RH. Entrepreneur, spécialiste de toutes les problématiques relatives aux ressources humaines et à la gestion d'entreprise au sens large.

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